Hokusai

 
                 
 

 

C'est autour de l'oeuvre de Hokusai (1760-1849), peintre, dessinateur, graveur, illustrateur japonais, que le Grand Palais a réuni cinq cents oeuvres exceptionnelles de l'artiste qui montrent tous ses talents. Certaines ne quitteront plus le Japon à compter de l'ouverture de l'Institut Okusai à Tokyo, au printemps 2015.

Si le public connaît surtout les estampes de Hokusai, ses peintures sont une vraie découverte et proviennent pour la plupart de collections japonaises. Son oeuvre est dense, réparti au cours de sa longue existence, il a vécu quatre vingt neuf ans, ponctuée par des périodes où il change d'identités et de signatures, ce qui était assez courant au Japon. A chaque étape son style évolue et de nouveaux sujets sont élaborés.

Portrait de Hokusai - date inconnue

Keika Eisen (1790-1848)

Hokusai était surtout considéré au Japon comme un artisan illustrateur de littérature populaire. Mais lorsque ses estampes arrivent en Occident, vers 1860, les artistes et le public sont enthousiasmés par leur qualité sobre et décorative. Le Japon était longtemps resté fermé au monde : de 1587 jusqu'en 1854, date de la signature de la convention de Kanagawa sous la pression des Américains qui permit l'ouverture de trois ports au commerce occidental. Quatre ans plus tard, un traité d'amitié et de commerce est signé entre la France et le Japon qui est le point de départ d'un engouement exceptionnel pour le japonisme. Félix Bracquemond, Edgar Degas, James Whistler découvrent la beauté simple des estampes qui enveloppent la porcelaine bleue et blanche, fraîchement arrivée à Paris. Claude Monet, Edouard Manet et Fantin-latour se familiarisent avec la sobriété de la forme, la pureté et la richesse des tons d'Hokusai.

La découverte du Japon et de l'art japonais fut un véritable choc culturel.

Hokusai est né le 31 octobre 1760, année du Dragon, à Warigesui dans le quartier de Honjo, à l'est d'Edo, ancien nom de Tokyo. Honjo avait fait partie du district de Katsushika, nom qu'il adopta plus tard, puis incorporé à Edo dans la première moitié du XVIIIe siècle. Hokusai n'a pas écrit de mémoires mais on sait qu'il a dû être apprenti très tôt chez des artisans. Dès l'âge de quinze ans, il se consacre à la gravure des blocs servant à la fabrication des estampes tout en apprenant le dessin, de façon autodidacte. D'après certains historiens, Hokusai a porté plusieurs noms, presque un nom par année de vie. Il avait besoin de changer de nom chaque fois qu'il changeait de genre ou de style.

Parmi tous les noms qu'il a pu utiliser, l'exposition en retiendra six qui correspondent à des périodes de changements de style.

 

Shunrô (1778-1794)

La première estampe de Hokusai date de 1779, elle est signée du nom de Shunrô. Il est alors élève de Katsukawa Shunshô, un des maîtres de l'estampe, réputé dans les portraits d'acteurs "kabuki"* et ceux des belles femmes, les bijin.

*Kabuki : théâtre populaire japonais aux intrigues complexes et aux effets scéniques élaborés apparu au début du XIIe siècle. Ses acteurs, tous masculins, sont à l'époque Edo de véritables stars.

 

Iwai Hanshirô IV dans le rôle de la courtisane Kashiku - Ere An'ei, an VIII (1779)

Estampe nishiki*-e 29,9x13,6 cm - Signature : Katsukawa Shunrô ga

Japon, Collection particulière

Concours de fleurs : modèles du troisième mois (vers 1784-1785)

Estampe nishiki-e - Japon, collection particulière

*Nishiki-e : "image de brocard" ou estampe polychrome

La place importante conférée au comédien dans le kabuki, forme épique du théâtre tradionnel japonais, éclaire la floraison de portraits d'acteurs dans les estampes de l'ukiyo-e*, type d'oeuvres qui caractérisent la production du jeune Hokusai dans sa période Shunrô. Ces images étaient grandement diffusées et allaient dans le sens des pièces dramatiques à grand spectacle où le public était invité à participer à ce qui se passait sur scène. Le maquillage était très stylisé. On utilisait une base blanche de poudre de riz sur laquelle étaient dessinées des lignes exagérant les expressions du visage. Cela devait permettre au spectateur de reconnaître rapidement les principaux traits de caractère du personnage. La réalisation de ce type d'oeuvres de commande entre 1726 et 1792 permit à Hokusai de se former à l'art de l'estampe. En cette fin du XVIIIe siècle, l'estampe est entièrement polychrome et suscite un engouement extraordinaire.

*Ukiyo-e,"images du monde flottant": mouvement artistique japonais de l'époque Edo

 

"La Porte des dieux gardiens au Kinryûzan" (Asakusa)

Série : Nouvelles impressions en images flottantes (1781-1789)

Ere Tenmei - Estampe nishiki 25,2 x38 cm

Signature : Katsu Shunrô ga - Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art

"Le pavillon du turbo cornu"

Série : Sites à la mode dans les quatre directions de la capitale de l'Est (vers 1785-1787)

Estampe nishiki -e 19x25,5 cm

Signature : Shunrô ga - Japon, collection particulière gaa

Dans ces deux séries, Hokusai témoigne par l'intermédaire de l'estampe de la connaissance des sites bouddhistes au Japon. Le Kinryûzan est le plus grand temple de Tokyo dans le quartier d'Asakusa où se mêlent de nombreux fidèles venus de tout le Japon et aujourd'hui une multitude de touristes. Le Turbo Cornu fait partie des Monastères des Cinq Cents Grands Disciples. Dans cette estampe, Hokusai commence à s'intéresser à la perspective occidentale dans sa vison lointaine du mont Fuji. Il incorpore la forme géométrique simple de ce mont à une atmosphère poétique propre à la culture japonaise. Dans cette période Shunrô, il fait preuve d'indépendance vis-à-vis de l'école Katsukawa à laquelle il est affilié en jouant de nouveaux thèmes de représentation qu'il poursuivra plus tard.

 

Vendeur de boissons fraîches (vers 1793-1794)

Surimono* 18,2x49,6 cm

Signature : Kusamura Shunrô ga - Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art

*Surimono : estampe de luxe en une planche illustrée de calendriers, de poèmes-bouffes et imprimée de façon privée, souvent utilisée comme carte de voeux.

Dans cette carte de voeux, Hokusai relate avec réalisme la vie quotidienne des habitants d'Edo. Il change de signature encore une fois, cherche un style personnel mais reste néanmoins sensible au style des dessinateurs de plusieurs écoles.

 

Tableau des moeurs féminines du temps (vers 1792-1794)

Deux Kakemono* shihon*, diptyque 107x52,7 cm

Tsuwano, Katsushika Hokusai museum of Art

*Kakemono : rouleau peint suspendu - *shihon : couleurs sur papier

*Oiran : courtisane

Pour Hokusai qui fut un témoin de la vie de ses contemporains, les oeuvres consacrées à la figure féminine sont précieuses car moins abondantes que celles de Kitagawa Utamara (vers 1753-1806). Il fut l'un des maîtres de l'ukiyo-e, où les rituels féminins, les toilettes élégantes et les poses gracieuses avaient beaucoup d'attrait. Il se délecta à l'observation de ces jeunes beautés, chez les *oirans en particulier, rendant avec précision le mouvement, les expressions mais aussi la richesse des coloris des costumes rehaussés d'effets de gaufrages. Ces estampes étaient nommées nishiki-e.

Ces courtisanes étaient dévouées aux arts, chants et musique. Les plus accomplies étaient les tayus, ensuite les oirans, juste en-dessous. Des apprenties étaient à leur service et vivaient dans des quartiers particuliers comme Yoshiwara à Edo, dans des "maisons vertes", des seiros. Les geishas quant à elles, n'étaient pas formées pour offrir des faveurs sexuelles à leurs clients mais à la pratique des arts traditionnels japonais. Ces endroits très raffinés étaient une source d'inspiration et de fantasmes pour les artistes occidentaux.

 

Sori et le style Sori (1794-1805)

Le maître Sunsho meurt en 1793 et Shunro quitte son atelier cette même année. Sur le plan personnel, entre 1793 et 1795, il rencontre des difficultés. Il perd sa femme et doit s'occuper des ses trois enfants. En 1795, il accepte de prendre la direction de l'atelier de peinture de Tawaraya Sori. Il adopte alors le nom de Sori II en hommage au maître. En adoptant cette nouvelle identité, il recherche de nouveaux thèmes, une nouvelle vision de son art. Il se détache de l'école Katsukawa et de ses sujets comme le kabuki et l'ukiyo-e pour se rapprocher de l'école de Rinpa* avec pour objectif la représentation de la nature intimiste.

*Rinpa : sujets simples tirés de la nature (oiseaux, plantes, fleurs). Arrière-plan réalisé à la feuille d'or. Peintures utilisées pour orner les portes coulissantes et les panneaux muraux.

Son activité se concentre autour des Surimono.

Tortues 1798 Surimono

Signature : Hokusai Tokimasa ga

Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art

Dans de nombreux pays ainsi qu'au Japon, la tortue est le symbole de la chance et de la longévité. C'est un animal qui est censé apporter dix mille ans de bonheur. Comme la tortue a une très longue durée de vie et une grande nonchalance, on l'assimile à la sagesse à la fois en Extrême-Orient et en Amérique du Nord.

A l'inverse de l'oiseau qui figure la liberté dans le ciel et le détachement de l'esprit, la tortue symbolise l'attachement à la terre.

Une oiran et ses deux shinzo* admirant les cerisiers en fleurs à Nakanocho (vers 1793-1797)

Surimono

Signature : Hokusai Sori ga - Paris Musée Guimet

Au-delà de la thématique de l'Ukiyo-e qui se concentre sur le théâtre et les courtisanes dans les "maisons vertes", Hokusai dépeint les courtisanes au cours de la promenade et la contemplation des cerisiers en fleurs. Ici, une célèbre courtisane de Yoshiwara se promène accompagnée de deux suivantes.
Cette estampe est comparée à une "image de brocart" pour la richesse des coloris utilisés dans les costumes. Les verts qui figurent sur l'estampe rappellent à la fois la fragilité des fleurs ainsi que la beauté éphémère des courtisanes.

Le kimono de soie était porté avec beaucoup de recherche. Il était noué dans le dos par une large ceinture de soie appelée obi. Le noeud distingue les geishas des oirans qui nouaient leur obi sur le devant pour pouvoir l'enlever et le remettre plusieurs fois au cours de la soirée. Les célibataires portaient un kimono aux manches larges qui les distinguaient des femmes mariées. Elles étaient chaussées de sandales de bois, les geta

La floraison des cerisiers, sakura, est très souvent représentée dans la littérature, le théâtre, les danses et la peinture. C'est un symbole de beauté éphémère au Japon. La fleur de cerisier est délicate, fragile, elle est aussi l'image de la mort idéale, relatée dans le bouddhisme zen. La beauté des femmes trouvent un écho dans ces fleurs qui leur rappellent que leur jeunesse est aussi éphémère que la vie des fleurs. Dans sa période Sori, Hokusai est très proche de cette sensibilité.

Sifflet de la cerise d'hiver (1801-1804)

Estampe nishiki-e

Signature : "Kako-ga" - Etats-Unis Collection particulière

Le maquillage était très important. Le visage, naturellement allongé, est fardé de blanc à base de poudre de riz. Les joues et les lèvres sont teintées de rose et de rouge avec une accentuation de la couleur sur la lèvre inférieure pour donner un air boudeur. Les sourcils et le contour des yeux sont tracés avec un bâtonnet de charbon de paulownia ou de khôl. Les jeunes femmes se coiffaient de chignons traditionnels qui devaient tenir une semaine d'où la nécessité de dormir sur un "repose-nuque", le takamakura. Les cheveux tirés vers l'arrière étaient ornés de peignes et d'épingles nommées kanzashi ; ils étaient si fortement tirés que cela entraînait souvent des calvities prématurées.

 

Fraîcheur du soir à Ryogoku (1801-1804)

Estampe nishiki-e 24,3x36,1cm - Japon Collection particulière

Avant 1744, l'estampe était imprimée en noir avec quelques rehauts de couleur rouge ou orange faits au pinceau jusqu'à ce qu'un éditeur utilise le repérage des blocs de bois qui permit l'impression d'estampes polychromes. La technique consiste à imprimer sucessivement sur une même épreuve, en premier le bois tendre de cerisier où figure le dessin en noir, puis plusieurs bois porteurs d'encre de couleurs différentes.

Plusieurs personnes interviennent dans la production d'estampes. Le dessinateur réalise le motif et indique les couleurs. Le graveur travaille le bois et dégage les contours du dessin ; il doit réaliser le même nombre de blocs que de couleurs. L'imprimeur applique la feuille de papier humidifiée, recouverte d'une couche d'alun afin d'éviter le mélange des teintes ; il doit imprimer les couleurs l'une après l'autre. Le gaufrage est opéré par une pression du coude de l'artisan sur le papier. D'où le nom des estampes nishiki-e ("images de brocard"), enrichies d'effets de gaufrage. Les estampes donnaient troujours lieu à des commandes qui étaient diffusées ensuite sur le marché par un éditeur.

Dans cette estampe réalisée à la tombée du jour, la perspective introduit une atmosphère poétique jouant de contrastes entre premier plan et arrière-plan.

Les courtisanes au premier plan viennent goûter la douceur de l'instant au bord du lac tandis que naviguent au loin quelques barques. L'atmosphère est à la fois sereine et animée par les jeux auxquels s'adonnent les deux personnages masculins.

Les Japonais découvrent la perspective, élaborée au cours de la Renaissance italienne, au milieu du XVIIIe siècle grâce aux Hollandais installés dans le comptoir commercial de Dejima. C'est ainsi que les artistes japonais vont introduire dans leurs estampes cette nouveauté empruntée à l'art occidental. Hokusai, dès sa période Shunro, réalise plusieurs estampes incluant cette perspective, se détachant de l'école Katsukawa à laquelle il appartient.

 

Fukusuke (vers 1804)

Kakémono*, shihon* 26,3x42,6 cm

Signature : Gakyojin Hokusai ga

Tsuwano, Katsushika Museum of Art

*Kakémono : rouleau peint suspendu, synonyme de Kakejiku

*Shihon : couleurs sur papier

A partir des années 1790, Hokusai s'intéresse à la littérature. Il propose aux poètes d'illustrer leurs écrits, ce seront les kyoka ou poèmes-bouffes. Hokusai en illustrera trente deux entre 1799 et 1809.
Parmi les figures de bonne fortune que Hokusai a représentées, Fukusuke en fait partie. Ce personnage de petite taille, pourvu d'une énorme tête, s'inspire d'une homme qui aurait existé et dont la vie aurait été très chanceuse. Il a été adopté comme poupée porte-bonheur pendant l'ère Kyowa (1801-1804). Fukusuke est habillé en kamishismo, habit traditionnel, porté par les samouraïs lors des cérémonies à partir de l'époque Kamukara jusqu'à l'époque Edo. Il est assis en style Seiza comme l'usage traditionnel, très solennel, coiffé d'un chignon dans la nuque. L'image qu'en fit Hokusai dans la période Sori servit de représentation largement diffusée lorsque le personnage fut à la mode. Sous l'ère Meiji, son image changea. De très grands lobes remplacèrent les poils qui sortaient de ses oreilles, garants de bonne fortune et ses traits devinrent enfantins.

 

Katsushika Hokusai (1805-1810)

Entre 1804 et 1805, l'artiste change plusieurs fois de signature. Il passe de Hokusai, le "Fou de peinture" à Katsushika Hokusai. Il abandonne le genre des poèmes-bouffes (kyoka) pour se tourner vers le genre des livres de lecture (yomihon). Ce sont de longs récits épiques, très populaires à Edo. Il illustre plus de deux cents fascicules soit plus de mille cent planches et doit montrer une grande capacité d'invention dans le dessin. L'influence de la peinture chinoise est très importante. Il utilise principalement de l'encre de Chine noire avec les nuances qu'elle permet. Les estampes de cette période sont moins nombreuses. Elles portent sur les représentations de vues célèbres jusqu'aux caricatures faites avec beaucoup d'humour, mais aussi sur la beauté fragile des estampes de la période Sori en utilisant la perspective à l'occidentale.

Les contes d'Ise : la rivière Akuta (vers 1808-1813)

Estampe nishiki-e

Signature : Katsushika Hokusai ga

Japon, collection particulière

Les contes d'Ise, contes japonais dont on ignore l'auteur et la date de rédaction, sont des récits épiques très nombreux. Ces contes rapportent les aventures amoureuses du poète séducteur Ariwara no Narihira. On le découvre dans l'estampe de Hokusai fuyant avec sa belle et la portant pour traverser la rivière Akuta.

 

Le Kinryzan : grand temple d'Asakusa (vers 1810)

Estampe Nishiki-e

Signature : Hokusai ga

Tokyo, Sumida City

Le bouddhisme est la religion la plus importante du Japon avec le shintoïsme. Il arriva sur l'île à partir des Ve et VIe siècles par l'intermédiaire de la Corée et surtout de la Chine où il était déjà implanté. Il est né en Inde au VIe siècle avant notre ère.

L'artiste avait pris le nom de Hokusai à partir de 1800, il signifie "atelier de l'étoile polaire" dans le bouddhisme. Ceci permet de penser que Hokusai serait entré dans la secte bouddhique de Nichiren où le bodhisattva était l'incarnation de l'étoile polaire. Asakusa est un quartier populaire de Tokyo qui possède un grand temple bouddhique dont le Kinryzan est un des éléments.

 

Ono no Komachi (vers 1809-1813)

Estampe nishiki-e

Signature Katsushika Hokusai-ga

Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art

Les portraits féminins dans l'oeuvre de Hokusai sont rares et les jeunes beautés représentées ne sont pas identifiées. Ono no Komachi est une exception. Elle fut considérée comme l'un des "six génies poétiques" du milieu du IXe siècle. Fille d'un gouverneur ou alors dame de compagnie, on ne connaît pas exactement son origine, c'est une poétesse qui exprima les tourments de la passion amoureuse. Elle est surtout connue par les nombreux récits qui ont été faits autour de sa grande beauté. Elle aurait eu de nombreuses liaisons et en particulier celle avec son amant Fukakusa qui aurait disparu dans une tempête de neige alors qu'il venait lui rendre visite. Elle sombra dans la folie. De nombreuses pièces de théâtre de nô* lui furent consacrées.

*nô : drame lyrique traditionnel (danse, chant, musique) ; l'un des arts cultivés dans les grandes familles de guerriers, un peu moins dans l'aristocratie. Les acteurs sont tous masculins.

 

Recueil de caricatures (vers 1809-1813)

Estampe nishiki-e

Signature : Hokusai gau

Hokusai interprète de nombreuses caricatures pendant cette période qui révèlent son humour vis-à-vis de ses contemporains.Bruxelles, Musées royaux d'Art et d'Histoire

Album de peintures (vers 1808-1809)

1 volume, shihon

Signature : Hokusai

Londres, Victoria and Albert Museum

Hokusai toujours inventif, commence un genre nouveau, celui des manuels de peinture. Ils sont à la fois guides pédagogiques à l'attention de ses disciples et recueils de modèles pour les artisans. Il publie ses manuels pour que son art soit connu au travers d'un public le plus large possible.m

de peintures (vers 1808-1809)

Hokusai Manga 1814-1878

Carnet de croquis divers de Hokusai

Carnet n° 1 (1814) Livre edehon

Signature : Katsushika Hokusai hitsu

Tsuwano

La grenouille telle que Hokusai l'a représentée dans le carnet (1) du Manga* tient une place primordiale dans le bestiaire japonais adopté par les artistes français du dernier tiers du XIXe siècle. On la retrouve dans des recueils mais aussi dans des objets d'Emile Gallé. La particularité de celle de Hokusai est d'avoir une patte arrière pliée. On attribue à la grenouille plusieurs significations : elle attire le bonheur, elle revient toujours à l'étang de sa naissance quelle que soit la distance où elle a été transférée. Le même mot japonais (kaeru) signifie "grenouille" et "revenir à la maison". Elle est ainsi devenue la protectrice des voyageurs comme on peut le voir dans le motif utilisé par les Japonais sur le gong en bronze, servant parfois de marteau de porte, garantie du bon accueil dans le foyer.

*Manga : "croquis au hasard"

Les premiers manuels de peinture de Hokusai sont très admirés. Ces manuels qui vont servir à beaucoup d'artistes et d'artisans sont des recueils de dessins divers, les "Hokusai Manga" publiés à partir de 1814. Ils rassemblent plus de trois mille neuf cents dessins très variés. Ils apparaissent encore aujourd'hui comme une encyclopédie du vivant et de la vie quotidienne du Japon de l'époque d'Edo. Il s'agit de quinze volumes publiés à Nagoya entre 1814 et 1834, suivis de deux autres posthumes.

Ce n'est qu'au XXe siècle que le terme "manga" prend le sens de bande dessinée. A l'époque de Hokusai, il signifie "dessins grotesques" qui correspond surtout à des scènes prises sur le vif. Ce sont des descriptions de la vie quotidienne à Edo, de la faune et de la flore du Japon mais aussi de légendes et de religions.

Carnet de croquis divers (1814)

Livre edehon*

Signature : Katsushika Hokusai hitsu

Japon, collection particulière

*edehon : manuel d'illustrations pour artistes et artisans

Livre edehon 1828

Japon, collection particulière

 

Livre edehon - carnet n°4 1816

Japon, collection particulière

Livre edehon - carnet n°5 1816

Signature : Hokusai aratame Katsushika Taito

Tsuwano

 

Taito (1810-1819)

Hokusai a plus de cinquante ans. Il abandonne la réalisation de livres de lecture et se tourne vers les manuels de peinture (edehon) qui, grâce à une large diffusion, lui permettront de se faire connaître. Lorsque le premier carnet des Hokusai Manga paraît en 1814, l'artiste délaisse un peu sa production d'estampes et de peintures. Néanmoins, des sites célèbres seront produits sous la signature de Taito qui permettent d'attester de la minutie du détail de l'artiste.

Hokusai, bouddhiste convaincu, a pour mission de transmettre son expérience et ses découvertes. Il prend le nom de Taito, inspiré par Taihokuto l'"étoile de la Petite Ourse". Il s'investit totalement dans les vues aériennes de sites célèbres dessinées avec une grande habilité qui est également visible dans les peintures de cette époque.

Panorama singulier des paysages splendides sur la baie d'Edo et sur la péninsule de Boso (vers 1818)

Estampe nishiki-e

Signature : Katsushika saki no Hokusai aratame Taito ga

Japon, collection particulière

C'est à partir de 1590, lorsque le seigneur Tokugawa Ieyasu (1543-1616) choisit de s'y établir, que Edo connaît une très grande croissance. A l'origine, c'est un village de pêcheurs, installé sur une baie située au sud du Kanto, qui devient bientôt la nouvelle capitale du pays lorsque, en 1603, Tokugawa Ieyasu se fait attribuer le titre de shogun. Edo prend le nom de Tokyo ou "capitale de l'Est" sous l'ère Meiji, à partir de 1868. Elle devient la ville la plus attractive du Japon. Edo fut bâtie d'une multitude de quartiers bien distincts. Le quartier des guerriers était séparé de celui des marchands ou des artisans, la prostitution étant installée à Yoshiwara, "le quartier des plaisirs". Ce fut une grande cité commerciale d'où partaient les principales routes, ce qui permit aux provinces de profiter d'éléments culturels propres à la capitale.

Hokusai resta marqué par sa jeunesse et sa vie à Edo malgré ses nombreux séjours dans d'autres villes.

 

Litsu (1820-1834)

En 1820, Hokusai a soixante ans. Son anniversaire correspond à un cycle complet du zodiaque, formé de soixante combinaisons possibles. C'est d'une grande importance pour tout Japonais, d'autant que l'année est à nouveau celle du Dragon. Hokusai change de nom pour prendre celui de Litsu "âgé de nouveau de un an". Au plan personnel, c'est une période difficile. L'une de ses filles disparaît, une autre divorce, son petit-fils a des dettes de jeu. Malgré toute cette douleur, c'est le début des grandes estampes qui feront de Hokusai le peintre le plus connu de l'art japonais au regard des Occidentaux.

Sous la vague au large de Kanagawa

Série : Trente-six vues du mont Fuji - vers 1830-1834

Estampe nishiki-e 25,9x37,2 cm

Signature : Hokusai aratme Litsu hitsu

Londres, Victoria and Albert Museum

Cette estampe est une image emblématique de l'oeuvre de Hokusai. Elle dégage une puissance considérable face aux hommes qui ne peuvent la contrôler. Dans cet univers déchaîné, nous apercevons au loin le Mont Fuji immuable, dégageant une grande sérénité à laquelle nous pouvons nous raccrocher. La force de cette vague est accentuée grâce aux contrastes de bleu et de blanc utilisés. Hokusai a même dessiné des sortes de crochets dans l'écume de la vague qui menacent des pêcheurs. C'est une des toutes premières fois que le bleu de Prusse, l'un des premiers pigments d'origine synthétique, fait son apparition ches les artistes japonais.

"Découvert accidentellement à Berlin par le peintre Heinrich Diesbach en 1704 ou 1705, ce bleu foncé fut massivement diffusé en Europe dès le milieu du XVIIIe siècle, avant d'être introduit au Japon plus d'un siècle plus tard, vers 1820, par l'intermédiaire des commerçants hollandais. C'est en 1829 que Hokusai utilise pour la première fois le pigment". Ce pigment conservait une grande intensité par rapport aux autres couleurs, fort peu nombreuses d'autre part, car la censure les limitait.

Dans la série des "Trente-six vues du Mont Fuji", Hokusai adopta cette teinte et se délecta dans les subtils dégradés de bleu. D'autre part, ce bleu de Prusse est un pigment stable contrairement à l'indigo japonais. Le succès de ces estampes fut tellement important que l'éditeur en commanda dix supplémentaires à Hokusai ce qui porta leur nombre à quarante-six.

Kajikazawa dans la province de Koshu

Série : Trente-six vues du Mont Fuji - vers 1830-1834

Estampe nishiki-e 24,7x36,7 cm

Signature : Saki no Hokusai litsu hitsu

Tokyo, Sumida City

Cityre HoHokusai rappelle dans cette estampe la vie difficile des pêcheurs japonais qui, pour subsister, prennent de gros risques dans cette mer démontée. Au loin, le Mont Fuji semble les protéger. C'est la montagne la plus sacrée du Japon, incarnation d'Amaterasu, la plus grande déesse du panthéon Shinto. Pour Hokusai, elle est toujours présente dans ses pensées. Pour cette série et les autres à venir, l'artiste adopte un grand format, ce qui est tout à fait moderne. k

Le Mont Fuji est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco comme "lieu sacré et source d'inspiration artistique" en 2013. C'est le point culminant du Japon avec ses 3776 mètres d'altitude ; le Fuji-San se trouve au centre du pays, au sud-ouest de Tokyo. Son sommet reste enneigé une partie de l'année avec un climat froid et venteux, tandis que sur le bas des pentes, les forêts et les champs cultivés se développent. Hokusai travailla son motif avec les variétés de climats comme Monet plus tard celui des Meules. Le volcan fut vénéré depuis le VIIe siècle peut-être grâce à son profil très symétrique et devint un symbole religieux à la fois pour les bouddhistes et les shintoïstes. Même s'il suscite toujours de la crainte face au danger d'une éruption, la dernière date de 1707, le Mont Fuji reste l'un des emblèmes du Japon auréolé de noms poétiques qu'on lui donna au fil du temps.

Vent du sud, ciel clair (le Fuji rouge)

Série : trente-six vues du Mont Fuji - vers 1830-1834

Estampe nishiki-e 26,1x38,1 cm

Signature : Hokusai aratame litsu hitsu

Londres, The British Museum

 

Orage en bas du sommet

Londres, Victoria and Albert Museum

Si les estampes de Hokusai à base de bleu de Prusse ou de Berlin, à partir de 1830, ont constitué une véritable révélation et une révolution de cette couleur, il ne faut pas oublier que la couleur rouge est bien présente dans son oeuvre. Il l'a d'abord utilisée en grands aplats de couleur pour des effets de brouillard, afin d'évoquer la ligne d'horizon, alors que les Japonais ne connaissaient pas encore la perspective occidentale. Au début de l'ère Tempo, Hokusai retrouve cette couleur rouge pour permettre la perception d'une force surdimensionnée de ce Mont Fuji et de son énergie spirituelle qu'il dégage. Aujourd'hui, les Japonais participent à l'ascension de ce mont comme à un pélerinage qui doit être fait une fois dans sa vie.

Dans la peinture japonaise, le paysage n'était pas un sujet à part entière avant Hokusai. Depuis ses débuts, sa présence est récurrente mais la manière dont il le traite à partir des années 1830 est tout à fait nouvelle. Il conçoit trois séries d'estampes :

- Trente-six vues du Mont Fuji

- Voyages au fil des cascades des différentes provinces

- Vues extraordinaires des ponts des diverses provinces

Toutes ces séries participent à la connaissance et à la découverte des Japonais de leur archipel et de ses curiosités. Les voyages vont ainsi se développer afin d'admirer la beauté des sites.

 

Les chutes d'eau de Kirifuri, sur le mont Kurokami, dans la province de Shimotsuke

Série: Voyage au fil des cascades des différentes provinces - vers 1833

Estampe nishiki-e 38,5x25,6 cm

Signature : Saki no Hokusai litsu hitsu

Paris, musée national des arts asiatiques - Guimet

Le Japon est un archipel volcanique et très montagneux dans lequel l'eau occupe une grande place de part le relief accidenté. Les fleuves sont courts et se transforment en torrents à la saison des pluies, interrompus parfois par un dénivelé impressionnant générateur de cascades. Dans le shintoïsme, la nature est imprégnée du divin et Hokusai est réceptif à cette dimension animiste. Ces chutes d'eau lui offrent un motif intéressant pour interpréter cette dimension mais aussi permettent aux paysagistes de faire connaître des sites célèbres.

usHokusai a soixante quatorze ans lorsqu'il publie cette série de huit estampes consacrées aux cascades. Nous sommes fascinés, comme les promeneurs au pied de la cascade, par le fracas imaginé de ces masses d'eau tombant en bouillonnant juste à leurs pieds. Les hommes paraissent si petits face à cette masse qu'ils admirent et dont ils ne peuvent occulter le caractère sacré. Pour l'artiste, ce sont les divers aspects pris par l'eau dans sa chute qui l'intéressent dans leur représentation graphique et plastique.

 

Pont de bateaux de Funa dans la province de Kozuke

Série : Vues extraordinaires des ponts de différentes provinces - vers 1834

Estampe nishiki -e 26,4x38,4cm

Signature : Saki no Hokusai litsu hitsu

Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art

Hokusai trouva dans les architectures en bois, plus ou moins compliquées, un thème permettant de rendre compte de ponts construits pour la circulation des personnes. Certains ponts sont plus célèbres que les autres, quelques lieux peuvent être anonymes mais tous ces paysages lui offrent la possibilité d'utiliser la perspective à l'occidentale dont il ne se lasse pas.

 

La rivière Tone dans la province de Soshu

Série : Mille images de la mer vers 1830-1834

Londres, The British Museumer

La pêche est la seconde activité vivrière du Japon après l'agriculture. L'archipel du Japon se trouve près de points de rencontre des courants marins chauds et froids et offre des lieux de pêche en mer très favorables. Les Japonais ont très tôt essayé des méthodes de pêche variées, en eau douce et en eau de mer, en particulier la pêche à l'hameçon, la pêche au panier, la pêche au lamparo ou encore la pêche à la palangre. Hokusai, observateur des métiers de ses contemporains, réalise de nombreuses séries de pêche comme celle-ci sur la rivère Tonegawa. On peut remarquer le paysage apparent à travers la voile noire et transparente de son embarcation. L'invention graphique de Hokusai est toujours présente.

 

Ghoshi dans la province de Soshu

Série : Mille images de la mer vers 1830-1834

Estampe nishiki-e 18,2x25,6 cm

Signature : Saki no Hokusai Litsu hitsu

Paris, Musée des arts asiatiques - Guimet

La rivière démontée à Ghoshi plonge la spectateur dans l'angoisse de cette vague dont le reflux entraîne la barque. Au-delà de ce graphisme stupéfiant, Hokusai nous fait partager le dur labeur de ces travailleurs de la mer qui, lors de chaque sortie de pêche dans ces eaux mouvementées, ne sont jamais certains de rentrer chez eux.

 

Bouvreuil et cerisier pleureur en fleur vers 1834

Estampe nishiki-e

Signature : Saki ni Hokusai litsu hitsu

Berlin, Staatliche Museum zu Berlin

Les fleurs et les oiseaux font partie du genre Kacho qui a son origine en Chine. Hokusai l'a repris dans de magnifiques estampes animées, loin des natures mortes. Il dessine avec précision et réalisme le bouvreuil sur la branche de cerisier prêt à s'envoler.

 

Le poète chinois Su Dongpo

Série : Miroir véritable des poètes de Chine et du Japon vers 1830-1834

Estampe nishiki-e 51x22,8 cm

Paris, Musée national des arts asiatiques - Guimet

Cette estampe date de la période où Hokusai illustre plusieurs livres de poésie chinoise. Il relate un épisode de la vie du poète Su Dongpo, monté sur un cheval, qui s'avance sur un promontoire rocheux recouvert de neige. Le poète est de dos, contemplant la chaumière sur l'autre rive distillée par le manteau neigeux. Il est en admiration devant cette nature silencieuse conduisant au recueillement. A sa gauche, le serviteur évite de troubler la méditation de son maître, attend ses consignes, occultant la beauté du paysage. L'oeuvre est très haute par rapport à sa largeur et l'on peut remarquer les nombreux vides installés dans les images ; le caractère méditatif rappelle l'influence chinoise.

 

 

Spectre d'Oiwa-San

Série : Cent contes de fantômes vers 1831-1832

Estampe nishiki-e - Hambourg

Les êtres surnaturels sont courants dans la culture japonaise, dans les mythes et les légendes. Ils étaient souvent mis en scène dans le théâtre de ou le kabuki. Il était d'ailleurs apprécié pour les Japonais de l'ère Edo de se réunir à la tombée de la nuit pour conter des histoires de fantômes. L'extinction progressive des lumières devaient laisser place aux esprits. D'après les croyances populaires, l'enveloppe charnelle du défunt une fois disparue, l'esprit ne montait pas obligatoirement au paradis : certaines personnes très malheureuses ne pouvaient quitter ce monde et étaient censées apparaître aux personnes touchées par le sort. C'est ainsi que le fantôme d'Oiwa habite cette lanterne qui brûle : la métamorphose opérée crée les plissements de la lanterne devenant des rides ; le trou du papier qui se consume devient une bouche béante, celle du fantôme.

 

Gakyo Rojin Manji (1834-1849)

En 1834, Hokusai publie la première partie du livre illustré "Cent vues du mont Fuji". C'est un artiste reconnu au Japon et en Occident qui veut poursuivre sa carrière en essayant d'atteindre la perfection. Il prend un nouveau nom Gakyo Rojin Manji "le Vieil homme fou de dessin" ; Manji "dix mille ans". Pendant ces quinze dernières années, Hokusai accordera une place prépondérante à la peinture : paysages relatant le travail de ses contemporains mais aussi immersion dans un monde fantastique où l'animiste et le mystérieux se côtoient à travers les tigres et les dragons.

 

Repiquage du riz 1843

Kakémono* 34,2x51,5 cm

Signature : Hachijuyonro Manji hitsu

Mishima, Sano Art Museum

*Kakémono : rouleau peint suspendu

Arrivée au Japon par l'intermédiaire de la Corée vers 300 avant J.C., la culture du riz constitue l'un des socles de la civilisation japonaise. Le riz est l'élément de base de l'alimentation, souvent cuit à l'eau. Il peut être servi au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner. La culture du riz a façonné les campagnes nippones ainsi que le comportement social des Japonais : entente du groupe pour la culture et le partage des récoltes. Les fêtes populaires traditionnelles célèbrent les différentes phases de la culture : le repiquage, la bénédiction de l'empereur au moment des récoltes. Le chapeau en paille de riz constitue pour les artistes un sujet très séduisant.

Empereur Tenchi

La récolte du riz vers 1835

Signature : Saki no Hokusai Manji

Hambourg

 

Tigre regardant la lune 1844

Kakémono

Signature : Hachijugoro Manji hitsu

Tsuwano

Hokusai dessina à la fin de sa vie de nombreux lions pour conjurer le mauvais sort mais il figura aussi son grand rival dans la domination du règne animal, le tigre. Le lion, même s'il était absent en Asie à l'état naturel, montait la garde devant les temples, les pagodes et représentait la séparation entre le monde profane et le monde sacré. Considéré comme trop cruel, on le remplaça par le tigre dans l'horoscope chinois qui a une place importante dans la mythologie et les croyances asiatiques. Il est un symbole de foi et d'effort spirituel dans le bouddhisme. Ici, Hokusai lui donne une expression tragi-comique faisant oublier sa férocité.

 

Dragon volant au-dessus du mont Fuji 1849

Kakémono

Signature : Kaei Ni tsuchinoto, Kyuju Rojin Manji hitsu

Obuse, Hokusai MuseumRojin

C'est l'un des derniers motifs peints par Hokusai au terme de sa vie, en janvier 1849 : le dragon dans un nuage s'élevant derrière le mont Fuji. Le dragon symbolise en Asie les forces de la nature, les étendues d'eau, les nuages, le ciel. Il est nommé ryu au Japon. Il est à la fois craint car il est associé à ces forces indomptables de la nature et vénéré car les Japonais ont besoin de la pluie, des rivières pour se protéger des incendies et des sécheresses. Les sanctuaires sont souvent placés près des berges de rivières ou près des côtes.

Le dragon de Hokusai, à la différence du dragon chinois, n'a que trois griffes au lieu de quatre ou cinq et il ressemble beaucoup plus au serpent. Ses dragons sont souvent dissimulés par des nuages ou par l'eau car ils ne sont plus dans le domaine du réel mais bien celui du fantastique et de l'animisme.

 

Hokusai disparaît en 1849. Sa vie fut parfois mouvementée, assortie de difficultés financières et de déménagements. Il était réputé d'un caractère difficile qui générait de nombreuses querelles. Il aurait dit "que s'il avait vécu encore cinq ans, il serait devenu un véritable artiste". Dans son pays natal, Hokusai n'a pas eu le succès espéré sur la scène artistique alors qu'en Occident, son art atteignit le plus haut sommet.

Dans son testament, Hokusai avait écrit : "C'est à l'âge de 73 ans que j'ai compris à peu près la structure de la nature vraie, des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. Par conséquent, à l'âge de 80 ans, j'aurai encore fait plus de progrès. A 90 ans, je pénètrerai les mystères des choses ; à 100 ans je serai décidément parvenu à un degré de merveille, et quand j'aurai 110 ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole".

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