Bonnard

 
                 
 

 

 

Exposition Pierre Bonnard au Musée d'Orsay - 17 mars au 19 juillet 2015

"Peindre l'Arcadie"

 

Pierre Bonnard 1930

 

L'exposition consacrée à Pierre Bonnard se déroule autour du thème de l'Arcadie, une vision héritée de la poésie bucolique grecque et latine où le bonheur calme et serein est présent partout. Chez l'artiste, c'est la gaiété colorée que ses oeuvres offrent à notre regard qui nous transmet cette vision arcadienne tout au fil des salles.

Pierre Bonnard naît à Fontenay-aux-Roses, le 3 octobre 1867. Son père, Eugène Bonnard, chef de bureau au Ministère de la guerre et grand amateur de jardins, habite dans ce village où l'on cultive encore la rose. Pierre a un frère aîné, Charles et une soeur cadette, Andrée. Il passe son enfance à Fontenay, à Paris et les vacances au Grand-Lemps en Dauphiné. Il aime très tôt la nature qu'il côtoie en été. Il commence ses études à Vanves puis aux lycées Louis-le-Grand et Charlemagne.

Bachelier en 1885, il s'inscrit à la faculté de droit et obtient sa licence en juillet 1888. Il suit en même temps les cours de l'Académie Julian dès 1887. Il est admis ensuite à l'école des Beaux-Arts. Il commence à peindre des paysages et ceci de façon plus importante après l'obtention de sa licence. Entraîné comme tous les débutants par Paul Sérusier, Edouard Vuillard, Maurice Denis, Paul Ranson, Ker-Xavier Roussel, ils découvrent les tableaux de Paul Gauguin. Ce groupe d'amis se fera appeler "Nabis" signifiant "Initiés", "Prophètes" en hébreu. Initiés car ils connaissent les toiles des impressionnistes et prophètes de l'art de Gauguin. "Leur objectif est d'exalter la couleur, de simplifier la forme dans un trait qui en accentue le caractère".

Bonnard résite un temps à ces préceptes. Il travaille à temps complet chez un receveur de l'enregistrement à Courbevoie et prêtera serment d'avocat mais il sent que le désir de peindre est plus important. Il entreprend l'été 1890 la réalisation d'un grand paravent à quatre feuilles, quatre panneaux décoratifs : Femmes au Jardin.

Femmes au Jardin 1890

La scène est prise dans le parc du Clos, au Grand-Lemps. Les modèles sont sa soeur Andrée et leur cousine Berthe. Les figures sont dessinées d'un seul mouvement : ce sont des lignes souples, circulaires, rappelant les dessins japonais.

Les motifs réguliers des étoffes à pois et à quadrillage évoquent aussi les goûts de l'époque des étoffes ouvragées. Edouard Vuillard en avait beaucoup abusé dans ses tableaux d'intérieur. Pierre Bonnard quant à lui, emprunte aux estampes qu'il possède ou que possèdent ses amis Nabis. Il choisit le format en hauteur des kakémonos dont l'étroitesse permet à toutes les arabesques de se développer et qui se rapproche du paravent. Chaque panneau constitue un tableau.

 

Paravent à trois feuilles 1889

Collection Marlène et Spencer Hays

De merveilleuses couleurs vives embellissent ce paravent avec des motifs qui s'emboîtent les uns dans les autres. Bonnard imite les Japonais où la perspective sans profondeur ramène les formes en surface et les pans au même niveau. Ces panneaux lui valent le surnom de "Nabi très japonard".

 

L'effet de la glace 1909

 

Bonnard a toujours été fasciné par les miroirs. Son tableau "L'effet de la glace" en est le thème principal. Le sujet est totalement inversé et de nouvelles proportions voient le jour. L'artiste fait jaillir l'imprévu. C'est un nouveau tableau dans le tableau et Bonnard lui confère le premier rôle. L'effet de distanciation est produit chez le spectateur. Les nus de Bonnard marquent toujours un moment d'abandon et de naturel mais aussi de complicité entre le peintre et son modèle. Marthe, sa compagne, posait dans la plupart de ses tableaux.

 

La nappe aux carreaux rouges 1912

 

Sous l'influence de Vuillard, Bonnard se prend d'intérêt pour les scènes d'intérieur. La nappe ovale envahit les deux tiers du tableau. L'arrondi de la table est déterminé par les divers objets posés sur celle-ci et par les personnages, Marthe et le chien Black. Cet univers, éclairé artificiellement, nous paraît un peu oppressant.

 

 

Salle à manger à la campagne 1913

Après un voyage à Rome, Bonnard retourne à Vernon, sa résidence à la campagne, où il entreprend une importante suite de tableaux ayant pour sujet la fenêtre ou la porte de sa maison ouverte sur le jardin.

Les lignes verticales ou horizontales de ces ouvertures, compensées par l'arrondi d'une table, enserrent l'irisation du paysage. Un pan de voilage recueille à son tour les couleurs mêlées aux reflets du rouge intense de la pièce.

Cette salle à manger fait partie des compositions inspirées de Henri Matisse où l'on assiste à la confrontation entre l'espace clos d'une pièce et le lointain du dehors, délimités chacun par les montants des ouvertures.

La porte-fenêtre à Vernon

Bonnard insiste sur le pouvoir expressif de la couleur. Il connaît la séduction qu'exerce sur lui la couleur. "La couleur c'est le raisonnement". C'est l'une des versions de la "Porte-fenêtre ouverte sur le jardin" dans une harmonie nouvelle autour d'un rouge puissant.

 

Méditerranée 1912

 

Bonnard a toujours voulu être un peintre décorateur. Il a travaillé avec de riches commanditaires comme les frères Berheim mais aussi pour le collectionneur russe Ivan Morozov. C'est ce dernier qui lui demande d'amplifier un panneau "L'Allée ou vue de St tropez" en un vaste triptyque. L'Allée devint le panneau central d'un ensemble appelé Méditerranée. Ces tableaux furent comparés à de "lumineuses Fables méditerranéennes".

Ces grands décors montrent l'image du bonheur paisible de l'homme dans la nature. Ce sont les Arcadies de Bonnard exprimant la joie de vivre teintée d'une touche de mélancolie.

 

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